Bilan, 22 octobre
Sylvain Ménétrey
Il faut de l’audace pour s’aventurer sur le terrain de jeu de Facebook. Raphaël Briner, l’un des associés de l’agence interactive lausannoise Electronlibre, a osé lancer à la mi-septembre une nouvelle plateforme sociale baptisée Hyperweek. Comme son concurrent américain, ce site plutôt cool et élégant permet de se créer un profil et de retrouver ses amis. Il s’en éloigne par l’accent mis sur le contenu. Hyperweek fonctionne aussi comme un magazine participatif, ou plutôt comme un « blog multiformats » - avec du texte, des conversations, des photos et bientôt de la vidéo - sur des sujets aussi divers que des conférences dans la Silicon Valley, les élections américaines ou l’actualité du Mamco.
Pour valoriser les données qu’ils publient, les utilisateurs d’Hyperweek peuvent personnaliser avec un programme de mise en page simplifié la « couverture » ainsi que le design de leur groupe. Raphaël Briner mise sur cette souplesse pour attirer des membres payants : « Facebook est trop axé divertissement et sa rigidité formelle phagocyte les marques. HyperWeek apporte un espace collectif très modulaire à remplir à leur guise à des gens qui veulent faire leur promotion à travers ce type de réseaux. » Le fondateur pense aux médias qui désirent tenter l’expérience du journalisme participatif, aux organisations qui ont besoin d’un extranet résolument social ou simplement à un collectif de designers qui veulent faire découvrir leurs travaux. Il espère générer un chiffre d’affaires de 6 à 8 millions d’ici trois ans avec des entreprises ou des clients premium qui paient pour un accès étendu et sur-mesure. Pour se faire connaître, l’entrepreneur compte sur une dissémination à la Youtube, c’est-à-dire avec le copier-coller des groupes sous une forme réduite -le widget- ailleurs sur le web, plus particulièrement dans les blogs l. C’est également en faisant remonter l'activité des membres HyperWeek au cœur de la concurrence, sur Facebook, qu’il s’attend au principal gain en notoriété. Comme dirait Aristote : ô mes ennemis, il n’y plus d’ennemi.

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